



Quelle histoire se cache derrière votre nom de scène ?
Mon nom de scène évoque la dualité parce que j’ai deux facettes en moi. Didi évoque mon côté doux, presque princesse, et ma timidité que j’ai longtemps considérée comme une faiblesse. Et Leon correspond à ma force sensuelle de lionne. J’aime bien me décrire avec l’image du yin et du yang.
Quelle est votre histoire avec la danse ?
Je suis originaire d’Auxerre, en Bourgogne. J’ai commencé la danse classique à l’âge de cinq ans. Dès six ans, j’ai débuté une formation complète au studio Evi’danse, une école auxerroise qui a formé de nombreux danseurs professionnels. Au fil des années, j’y ai tout appris : le jazz, la comédie musicale, la danse contemporaine et la danse classique. À dix-sept ans, j’ai intégré l’Académie Internationale de la Danse à Paris. C’est là que j’ai commencé les cours de cabaret et que l’une des professeures, ancienne danseuse du Crazy Horse, a décelé un talent pour cette discipline et m’a encouragée à postuler au Crazy Horse. J’avais dix-huit ans lorsque je me suis rendue à l’audition, sans rien attendre. J’ai été retenue du premier coup. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à y croire. J’ai commencé les répétitions seulement un an plus tard, ce qui m’a permis d’honorer d’autres contrats entre-temps comme des plateaux de télévision, des comédies musicales ou le spectacle Murmuration de Sadek Berrabah.
Quelle femme êtes-vous lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?
Sur scène, je découvre une nouvelle facette de moi-même à chaque représentation. C’est un espace de liberté où tout devient possible sur le plan artistique. Rien n’est figé : chaque spectacle raconte une histoire différente, portée par l’instant. Même lorsque nous jouons trois fois dans la même soirée, aucune performance n’est identique. L’énergie du public nous traverse, nous inspire et réinvente chaque instant. C’est cette alchimie qui rend chaque soirée unique.
Qu’avez-vous envie de transmettre au public lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?
Un soir, après une représentation, on m’a dit ceci : « Quand tu danses, on dirait que c’est facile, et que même moi, je pourrais le faire ». Cette phrase est restée gravée en moi. Je l’ai reçue comme un magnifique compliment, parce qu’elle signifiait que j’avais réussi mon pari : emporter le public dans un monde d’art et de beauté, sans que jamais ne paraisse la difficulté de la performance. Selon moi, le côté athlétique doit être au service de l’expression artistique et du rêve.
Vous faites partie de la troupe d’élite des danseuses du Crazy Horse. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Le Crazy Horse a toujours été un objectif pour moi mais je ne pensais pas l’atteindre si tôt. Je n’arrive toujours pas à réaliser que je suis danseuse du Crazy Horse. D’autant que je suis très impressionnée par les autres danseuses. Leur talent et leur gentillesse forcent mon admiration. Il y a quelques mois, je suivais leur actualité sur les réseaux sociaux, et aujourd’hui je partage la scène avec elles…
Que représente la danse pour vous ?
Quand je danse, je pense à la petite fille que j’étais quand je suis allée voir mes premiers spectacles, et à l’émerveillement que j’ai ressenti. Mon but, c’est que le public ressorte avec des étoiles dans les yeux, comme cette petite fille. Chaque soir, je veux qu’au moins une personne reparte avec ce sentiment là… et peut-être l’envie de danser à son tour.
Que vous inspire le travail des lumières au Crazy Horse ?
Les lumières sont magnifiques. Elles habillent, révèlent, subliment, sculptent les corps, racontent une histoire et créent l’illusion… Ce sont elles qui font la beauté de chaque tableau ! Dans Undress to kill ou dans Voodoo, un tableau survolté que j’adore, elles sont particulièrement créatives. Dans Vestal’s Desire, elles créent en partie l’identité du numéro. Elles ne font pas tout, mais elles font beaucoup.
Pouvez-vous nous parler de Vestal’s Desire dont vous êtes la danseuse principale ?
Vestal’s Desire est un numéro emblématique du Crazy Horse. Il a été créé par Alain Bernardin lui-même. C’est un tableau très surprenant. Il crée un moment hors du temps, suspendu dans le spectacle. Et les ondulations des corps des danseuses prolongent l’envoûtement bien après le tomber de rideau.