CIRCÉ ALÉGRIA
D’après la mythologie grecque, Circé est une magicienne capable de faire descendre les étoiles du ciel… Alors préparez-vous à un voyage à la beauté sidérale en compagnie de cette danseuse atypique passionnée d’Egypte ancienne et d'archéologie. Vous allez fondre devant son charme solaire éclatant…
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“En se donnant au maximum, on arrive parfois à des résultats inattendus, incroyables et merveilleux”
Circé Alégria by Pixelle Canon
Danseuse Circé Alégria By Emilie Messaoud
“Lorsque je croise les autres danseuses dans les couloirs, j’ai toujours des étoiles dans les yeux”
“Mes parents avaient l’habitude de me dire « tu finiras danseuse au Crazy ! » ”
Circé Alégria

Quelle histoire se cache derrière votre nom de scène ?

Circé est la fille du Dieu Soleil : douée du pouvoir de métamorphose, elle est aussi redoutable par sa beauté que par ses sortilèges et philtres magiques. Alégria est un mot espagnol qui se traduit par bonheur, allégresse, jubilation, extase. 

 

Quelle est votre histoire avec la danse ? 

Je suis née à Toulon… dans les roses ! Mes parents sont des horticulteurs spécialisés dans cette culture. Vers trois ans, je suis passée devant une école de danse avec mes parents et je leur ai dit que je voulais faire ce métier mais… au plus haut niveau ! J’ai suivi des cours de danse à partir de ce moment. À l’âge de dix ans, je suis partie en famille d’accueil pour suivre un double cursus danse classique et contemporaine à l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille. J’y suis restée dix ans. Là-bas je dansais plus de vingt heures par semaine et étudiais le reste du temps. Après mon bac, j’ai dansé quelques mois avec le ballet de l’Opéra de Nice où nous donnions des représentations de Don Quichotte. Puis la Covid m’a stoppée dans mon élan ; c’était compliqué de trouver du travail sur scène pendant cette période. Je suis retournée à l’école de danse de Marseille qui avait ouvert une classe post-bac pour nous permettre de continuer à progresser. Cette fois, j’ai eu la chance de participer à des stages prestigieux avec des chorégraphes de renom comme Preljocaj. Puis le Crazy Horse a commencé à me trotter sérieusement dans la tête. Je connaissais cet établissement depuis toute petite car quand je faisais des spectacles de danse à mes parents, ils avaient l’habitude de me dire « tu finiras danseuse au Crazy ! ». Quand tu es petite, tu ne comprends pas trop. À l’adolescence, pas forcément à l’aise avec ton corps, tu refuses cette idée. Et puis une fois adulte, tu ne vois plus que la beauté du show et tu te dis « si seulement…». Sans avoir jamais dansé sur talons, je me suis rendue à une audition du Crazy Horse. Je n’y croyais absolument pas, c’était plus un défi et une expérience à vivre pour moi. Regarder les autres filles présentes ce jour-là a fini de me convaincre que j’étais hors cadre. Lors de mes autres auditions, on m’avait toujours dit que j’étais trop jeune et trop fine. Et finalement me voilà ! C’est irréel ce que je vis…

 

Qu’est-ce qui vous rend particulièrement fière en tant que danseuse du Crazy Horse ? 

Je suis fière de faire partie d’une compagnie qui véhicule l’image de la femme pas uniquement belle mais forte, qui brille autant par son art que son intelligence. Aujourd’hui je suis moi-même Crazy Girl, mais lorsque je croise les autres danseuses dans les couloirs, j’ai toujours des étoiles dans les yeux. 

 

Quel message avez-vous envie de transmettre au public lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ? 

Mon message serait de prendre du plaisir et de s’investir à fond dans chaque chose que l’on entreprend. La vie nous réserve des surprises à tout âge. En se donnant au maximum, on arrive parfois à des résultats inattendus, incroyables, et merveilleux. 

 

Qu’est-ce qui fait la magie du Crazy Horse depuis soixante-dix ans ?

C’est l’équipe entière qui entretient la magie du Crazy Horse. Les habilleuses qui font des costumes sur-mesure pour mettre en valeur le corps des filles, les artistes et techniciens qui produisent la magie du spectacle grâce aux lumières, les danseuses de haut vol qui interprètent des chorégraphies originales, dont certains mouvements sont des signatures du Crazy Horse se transmettant de génération en génération… Toute cette équipe cultive avec passion ce qui a été créé par Alain Bernardin, c’est-à-dire un show unique au monde.

 

Qu’avez-vous découvert sur vous-même en devenant danseuse de cabaret ?

La pratique intensive de la danse a retardé mon processus de puberté jusqu’à mes dix-huit ans, ce qui n’a pas toujours été facile à vivre. Aujourd’hui à vingt ans, je suis en pleine transformation, tout juste en train de découvrir mon identité de femme sur le plan physique et mental. Danser au Crazy Horse m’offre l’opportunité de me construire auprès des meilleurs modèles possibles. Mais chaque femme est unique, celle que je deviens est dans la continuité de l’enfant que j’étais : un caractère solaire, généreux et spontané… la séduction en plus ! 

 

Que dirais-tu aujourd’hui à cette petite fille que tu étais ?

De s’accrocher ! De croire en elle ! De faire confiance à la vie et de tenir bon malgré la concurrence, l’adversité et la difficulté de surmonter tout ça loin de ses parents. J’aimerais lui dire aussi bravo car aujourd’hui je peux dire que je suis fière de cette petite fille et de là où elle a su me mener.

 

Parmi les numéros de groupe de Totally Crazy! lequel est votre favori ?

Scanner est le tableau qui offre le plus de liberté : on peut l’aborder en mode guerrière ou avec une douce lassitude un peu sexy selon les jours. J’aime aussi beaucoup Vestal’s Desire pour ses côtés hypnotiques et énigmatiques qui portent les danseuses au rang de déesses.

 

Découvrez Circé Alégria en vidéo : 

Photos : Antoine Poupel, Emilie Messaoud, Pixelle Canon

Vidéo : Paul-Henri Pesquet