LAÏLA
LIBERTY
Danseuse Laila Liberty Crazy Horse By Riccardo Tinelli
« Women, stand up for yourselves!» : voilà le message que Laïla Liberty crie du haut de ses vingt-deux ans. D’origine libanaise et de confession musulmane, cette artiste incarne le vent de libération de la jeune génération féminine au Moyen-Orient. Ayant été championne d'équitation puis Crazy Girl, elle est la preuve vivante et vibrante que l’on vit plus heureuse lorsque l’on assume qui l’on est et que l’on ose poursuivre ses rêves…
Danseuse Laila Liberty Crazy Horse By Riccardo Tinelli
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Nationalité
Libanaise
Première au Crazy
19 Juin 2018
Je parle
Français, anglais, arabe et italien
Plat préféré
Le hummus libanais bien sûr!
"Sur scène, c’est une grande fierté de représenter la femme"
Danseuse Laila Liberty Crazy Horse
Danseuse Laila Liberty Crazy Horse By Riccardo Tinelli
"Que l’on soit musulmane, chrétienne, juive, peu importe, on est toutes semblables et il faut apprendre à se soutenir entre femmes"
"Je suis tombée totally crazy in love de la vie en tournée"
Danseuse Laila Liberty Crazy Horse

Quelle est l’origine de votre nom de scène ?

Mon nom vient de mes origines orientales, «Laïla» veut dire « nuit» en arabe. «Liberty» fait référence à ma liberté de penser et de faire ce qu’il me plaît. C’est aussi un hommage à la liberté assumée des femmes, surtout dans le monde arabe.

 

Quelle est votre histoire avec la danse ?

Je suis née et j’ai grandi au Liban. J’étais passionnée à la fois de danse et d’équitation. Je pratiquais les deux de manière si intensive que je n’allais presque plus à l’école. À treize ans, j’étais en tournée à Pékin, Bahreïn et Milan avec ma troupe de danse contemporaine inspirée du folklore libanais et à quatorze ans, j’étais sacrée championne de saut d’obstacle du Liban. Après ce championnat, pour préserver ma santé, j’ai décidé de me concentrer uniquement sur la danse. J’avais pris le goût de la scène et des tournées, je voulais devenir danseuse professionnelle. Mais au Liban, être artiste n’est pas considéré comme un métier donc je suis venue vivre en France. J’ai intégré l’Académie Internationale de la Danse à Paris tout en prenant des cours de danse en talons avec Nadine Timas, une femme extraordinaire qui restera l’une de mes inspirations. C’est elle qui m’a guidée sur le chemin du Crazy Horse.

 

Quel souvenir gardez-vous de vos débuts au Crazy Horse ?

En 2017, accompagnée par ma mère, je suis venue voir le spectacle du Crazy Horse. Le premier numéro que l’on a vu après l’ouverture était “Crisis? What Crisis !?!”. J’ai été émerveillée et j’ai dit à ma mère “Wow, je veux faire ça !” et ma mère m’a regardée et m’a répondu “Pas du tout ma fille !”. Il faut savoir que c’est un numéro avec une business woman extrêmement sexy qui se déshabille sur scène… Je crois qu’elle était un peu inquiète ! Mais j’ai tenté l’audition, j’ai été retenue et en août 2018, j’ai fait ma première. Le plus drôle, c’est que le premier solo qui m’a été confié était justement Crisis? What Crisis!?!. Ma mère a continué à me soutenir comme depuis toujours. En septembre 2019, je suis partie en tournée à Macao, Prague, en Allemagne et en Uruguay et je suis tombée totally crazy in love de la vie en tournée !

 

En tant que femme et danseuse, quel est votre rapport à votre corps ?

J’étais très complexée avant d’entrer au Crazy Horse. Assumer mon corps a été une étape décisive dans ma vie. Un jour, je me suis dit : “J’ai ce corps et je vais être dedans toute ma vie. Si je ne l’accepte pas, je ne pourrai jamais aller de l’avant“. Ce qui m’a beaucoup aidée à m’accepter, c’est de voir le potentiel de mon image sur scène. Mon regard vis-à-vis de mon corps a changé à ce moment-là.

 

Quelle valeur souhaitez-vous défendre en tant que danseuse de cabaret ?

En tant que danseuse de cabaret mais aussi simplement en tant que femme libre, je veux transmettre un message aux jeunes générations de femmes du Moyen-Orient. J’essaye de leur montrer qu’elles peuvent assumer leurs corps et leurs idées, affirmer qui elles sont. Si tu ne décides pas toi-même de faire ce que tu as envie de faire, personne ne le fera pour toi ! Cela vaut dans le monde entier, mais notamment au Moyen-Orient où il y a encore beaucoup de progrès à faire à ce sujet. Alors quand je rentre au Liban, je donne des cours de danse, je fais des workshop et j’œuvre pour libérer le rapport des femmes à leurs corps. C’est très important pour moi de m’engager pour les femmes. Que l’on soit musulmane, chrétienne, juive, peu importe, on est toutes semblables et il faut apprendre à se soutenir entre femmes.

 

Quel tableau du Crazy vous émerveille le plus ?

Et bien comme on peut s’en douter, c’est Crisis? What Crisis!?!, mon premier solo. C’est un numéro dans lequel je me déchaîne de manière totally crazy ! J’adore incarner cette femme d’affaire magnifique qui a besoin de se libérer des tensions de la journée et qui monte en puissance au fur et à mesure qu’elle se déshabille.

Découvrez Laïla Liberty en vidéo : 

Photos : Riccardo Tinelli, Emilie Messaoud
Vidéo : Paul-Henri Pesquet