



Quelle histoire se cache derrière votre nom de scène ?
Zoé signifie vie. C’est un prénom de caractère, qui sonne très français, à la fois chic et énergique. Pour la petite histoire, mes parents avaient fortement hésité à m’appeler Zoé, donc ce prénom me suit depuis toujours. Showcase fait référence à mes multiples productions artistiques.
Quelle est votre histoire avec la danse ?
Je suis originaire d’Aix-en-Provence. La danse n’a pas été un choix au départ, mais j’ai grandi avec cette discipline comme une évidence dans mon quotidien. Plus tard, je rêvais de devenir femme d’affaires ou avocate. À quinze ans, ma mère m’a inscrite au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon. J’ai suivi le mouvement sans vraiment me préparer. Lorsque ma candidature a été refusée, j’ai ressenti une immense humiliation qui a fait naître en moi le désir de dépasser cet échec. J’ai donc décidé de préparer le concours d’entrée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris cette fois, où j’ai été prise.
J’ai intégré en parallèle l’université Paris-Dauphine, dans un cursus aménagé pour les artistes et athlètes de haut niveau. En fin de première année, je me suis fait une blessure qui a nécessité de longs mois d’arrêt et qui a remis en question le conservatoire. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment choisi la danse, pour la première fois. Alors qu’elle m’échappait, j’ai ressenti le besoin d’en faire ma priorité et de construire ma vie autour d’elle. Quatre ans plus tard, j’ai obtenu mon master avec une spécialisation en répertoire et création. Depuis, la danse m’a ouvert des portes que je n’aurais pas imaginées, que ce soit en tant que danseuse contemporaine, organisatrice d’événements artistiques ou productrice. J’ai eu l’opportunité de collaborer avec des chorégraphes renommés tels que Dimitri Chamblas (qui est également mon mentor), Maud Le Pladec ou Benjamin Millepied, mais aussi avec de grandes maisons dans le secteur du luxe ou des institutions culturelles prestigieuses. En parallèle, je développe aussi ma carrière de chanteuse, et l’activité événementielle de l’association Saison 404 que j’ai créée avec mon mari. Aujourd’hui, le Crazy Horse vient enrichir mon univers artistique, pour mon plus grand bonheur.
Quelle femme êtes-vous lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?
Le Crazy Horse est pour moi la scène du jeu et de l’accomplissement. La scène du jeu que je joue en permanence, celui d’équilibre entre contrôle et lâcher-prise, qui est absolument grisant. Et je parle d’accomplissement parce que danser au Crazy Horse implique d’avoir rempli tous les critères qui font l’excellence de cette maison. Cela demande du travail, avant tout, et cette reconnaissance est précisément ce qui me rend fière.
Qu’avez-vous envie de transmettre au public lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?
J’aimerais lui transmettre des sentiments de joie, de liberté et de confiance. J’aimerais qu’un homme ou une femme sorte de ce spectacle en se disant : « Je ne sais pas exactement pourquoi, mais je me sens plus fort pour demain. »
Quelle serait votre définition de la féminité ?
La féminité est une question d’énergie, de sensibilité, de possibilités, de nuances et de puissance. Pour moi, la féminité n’est pas exclusivement réservée aux femmes. C’est un je-ne-sais-quoi qui fait la différence et d’ailleurs cela me fascine de la déceler chez les hommes.
Selon vous, qu’est-ce qui fait la magie du Crazy Horse depuis soixante-quinze ans ?
La magie du Crazy Horse, ce sont les femmes ! Elles ne sont pas juste belles et douées. Elles comprennent le poids de l’héritage d’une maison telle que le Crazy Horse tout en se faisant assez confiance pour interpréter l’histoire au fil du temps. Certains tableaux comme Vestal’s Desire se jouent depuis des décennies et restent absolument actuels, parce que les femmes qui le dansent sont ancrées dans leur époque et comprennent ce qu’elles ont à transmettre.
Que vous inspire le travail des lumières au Crazy Horse ?
L’idée de projeter des jeux de lumières pour habiller le corps des danseuses est sans doute la plus visionnaire du Crazy Horse. Leur conception est une prouesse technique autant qu’artistique, et elle constitue la signature du Crazy Horse. Les lumières et les chorégraphies se construisent ensemble, en dialogue permanent. Les décors entièrement noirs ne sont pas un choix esthétique anodin : ils sont là pour absorber la lumière et laisser le corps devenir le seul territoire d’expression. Le résultat est unique au monde.
Quel tableau vous émerveille le plus dans le show Totally Crazy ?
Je suis particulièrement fascinée par Upside Down. Le travail de lumières et de miroirs représente pour moi une façon très fine et très intelligente de faire du divertissement. J’adore aussi Lay Laser Lay pour son mystère, sa subtilité, sa liberté d’expression et sa musique. Ce sont des tableaux qui me rappellent pourquoi le Crazy Horse est une maison d’art autant qu’un lieu de spectacle.
Photos : Paul Morel