PRIMA
ANALYTIC
Danseuse Prima Anyalytic by Paul Morel
Prima n’a pas besoin de faire du bruit pour marquer les esprits. Elle avance avec cette force rare qui naît de l’intérieur. Sur la scène du Crazy Horse, elle incarne une féminité à la fois douce et puissante, toute en profondeur, et infiniment nuancée.
Danseuse Prima Anyalytic by Paul Morel
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Nationalité
Ukrainienne
Première date au Crazy
28 Juillet 2017
Muse
Marilyn Monroe
Occupations préférées
Lire et écrire des romans
Personne ne sait que
J'ai été l'assistante d'un magicien
“Je suis fière de faire partie d’un lieu qui célèbre la femme dans toutes ses dimensions et à chaque étape de sa vie.”
Danseuse Prima Analytic by Rémi Desclaux
“Ici, les différences et les émotions sont considérées comme des forces. C’est un message puissant.”
“La féminité, pour moi, c’est être suffisamment sûre de soi pour ne rien avoir à prouver.”
Danseuse Prima Anyalytic by Paul Morel

Quelle est votre histoire avec la danse ?

 

Je suis née en Ukraine dans une famille d’artistes : mon père est musicien et poète et ma mère est pianiste professionnelle. Je n’ai jamais imaginé ma vie autrement que dans le monde artistique. J’ai commencé la danse à trois ans. À onze ans, j’ai découvert la danse de salon. C’est devenu une passion qui m’a amenée à faire de nombreuses compétitions. À quinze ans, j’ai intégré une école pour devenir professeure, chorégraphe et danseuse classique et folklorique. C’est à ce moment que le Crazy Horse est entré dans ma vie. À Kiev, la tournée était annoncée par des affiches. En les découvrant, ma mère a tout de suite pensé que je pourrais avoir ma place au sein de cette troupe. Elle a planté cette petite graine dans ma tête.

Néanmoins, à l’époque, c’était compliqué de sortir d’Ukraine, donc m’imaginer sur la scène d’un mythique cabaret parisien… c’était un peu fou. Pour moi le Crazy représentait un monde à part, un rêve précieux et inaccessible. Mais à partir de dix-huit ans, j’ai décroché mes premiers contrats en Espagne, puis en Allemagne. Paris devenait alors à portée de main. J’ai cependant mis du temps à postuler au Crazy Horse… je redoutais de toucher du doigt ce rêve de peur qu’il s’écroule. Mais un jour j’ai osé et le rêve est devenu réalité.

 

Quelle histoire se cache derrière votre nom de scène ?

“Prima” est une expression allemande qui signifie “super”. Et Analytic vient de mon côté curieux. Lors de ma formation avec Sveltlana Kosntantinova, Directrice de scène et de production du Crazy Horse, je posais énormément de questions. Je voulais comprendre en profondeur l’histoire du Crazy Horse, et j’analysais les moindres mouvements de danse.

 

Qui est Prima Analytic ?

Mon nom de scène “Prima”, porte aussi la connotation de “première danseuse”. Lorsque j’ai débuté, ce nom m’apparaissait comme un costume trop grand pour moi, mais porteur d’espoir. Prima Analytic est passée par beaucoup de phases différentes. J’ai d’abord créé un personnage de toutes pièces, travaillant son image et sa psychologie en m’inspirant des icônes burlesques des années cinquante et des Crazy Girls emblématiques des années Bernardin. Puis j’ai compris que Prima Analytic n’était autre qu’une version de moi-même plus libre et extravertie. Donc aujourd’hui Prima est une danseuse épanouie et passionnée, et une femme douce, sensible, curieuse et profonde.

 

Qu’est-ce qui fait la magie du Crazy Horse depuis soixante-quinze ans ?

Le Crazy Horse possède une esthétique unique au monde grâce au travail des lumières et de sélection des danseuses qui forment une unité parfaite. Selon moi, sa longévité repose sur sa faculté à préserver son âme, en s’appuyant sur son histoire et ses valeurs. Le Crazy Horse évolue au fil des années, mais sa ligne directrice reste inchangée : l’excellence et la liberté d’expression des danseuses sont au cœur de son identité, ce qui en fait un endroit unique pour les artistes depuis sa création.

 

Qu’avez-vous découvert sur vous-même en devenant danseuse au Crazy Horse ?

Mon expérience au Crazy Horse a fait de moi une femme accomplie. Je me suis épanouie artistiquement et personnellement. J’ai appris à exprimer mes idées, à lever mes freins, à assumer pleinement ma féminité, à laisser mes émotions et ma personnalité exister sur scène comme dans la vie.

 

Qu’est-ce qui vous rend particulièrement fière en tant que danseuse du Crazy Horse ?

Je suis fière de faire partie d’un lieu qui célèbre la femme dans toutes ses dimensions et à chaque étape de sa vie. Ici, les différences et les émotions sont considérées comme des forces. C’est un message puissant. Le Crazy Horse est le temple de la féminité par définition, de toutes les féminités.

 

Qu’avez-vous envie de transmettre au public lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?

Je veux montrer que tout est possible si l’on suit ses rêves et que l’on travaille avec passion. Je veux transmettre de l’amour, de l’espoir et de la force. Je veux dire aux jeunes femmes qu’elles peuvent croire en elles et construire leur propre chemin si elles restent fidèles à leur cœur.

 

Est-ce que vous vous sentez nue sur scène ?

Non, je ne me suis jamais sentie nue sur scène. La nudité au Crazy Horse est une exploration artistique. Elle est travaillée comme toute autre facette de la performance, avec une quête de sens, et en toute confiance. Ce qui est vraiment à nu, ce sont les émotions. Cela demande beaucoup de maturité et d’assurance pour se dévoiler ainsi.

 

Quelle serait votre définition de la féminité ?

La féminité, pour moi, c’est être suffisamment sûre de soi pour ne rien avoir à prouver. Selon moi la douceur, la sérénité et la sensualité font partie des femmes. Il arrive que cela passe pour de la faiblesse aux yeux du monde, alors que c’est en fait notre plus grande force, à condition de l’accepter, et même de l’embrasser.

 

Quel tableau du spectacle Totally Crazy vous émerveille le plus ?

Je suis éblouie par Crisis? What crisis! depuis toujours. La femme d’affaires qui est sur scène renverse les codes : sa puissance se révèle non pas dans sa position hiérarchique mais dans sa confiance en elle, sa sensualité et son pouvoir de séduction. J’adore le concept !

Un autre tableau que j’affectionne particulièrement et que j’interprète est Striptease Moi. C’est un duo très intime à la sensualité féline. C’est un dialogue silencieux et sexy qui demande une connexion profonde entre les deux danseuses.

 

Photos :Paul Morel