MIMI
PAROLE
Dans le regard de Mimi Parole brillent l’émerveillement de la jeunesse et le feu de la détermination. Au Crazy Horse, elle danse avec la promesse de ne jamais laisser s’éteindre les étoiles qui l’ont guidée jusqu’ici. Lorsqu’elle entre en scène, c’est nimbée d’une énergie qui ravit et portée par une intention à votre attention : rêver grand, et faire rêver encore plus grand.
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"Si, en me voyant, une femme se sent plus forte, plus belle, plus sûre d’elle, alors j’ai réussi."
“La danse a toujours été mon plan A. Il n’y a jamais eu de plan B.”
“Je veux transmettre aux femmes ce que je ressens moi-même sur scène : la force, l’indépendance, la puissance féminine, mais aussi la sensibilité.”

Quelle est votre histoire avec la danse ?

Je viens d’Italie et j’ai commencé ma formation de danseuse en suivant les cours de l’école de danse classique de l’école de La Scala à Milan. La danse a toujours été mon plan A. Il n’y a jamais eu de plan B. À douze ans, j’ai quitté le cocon familial pour intégrer le Pôle National Supérieur de Danse Rosella Hightower à Cannes, en internat. C’est à ce moment que j’ai pris conscience que je voulais faire de la danse mon métier. Je rêvais de devenir danseuse étoile… Mais à dix-sept ans, en arrivant à Paris, j’ai découvert un autre monde : le cabaret, la comédie musicale, les cours de heels… J’avais des paillettes plein les yeux ! C’est à cette époque que j’ai vu le spectacle Totally Crazy pour la première fois… ça a été une révélation. À partir de ce moment-là, mon rêve était d’entrer au Crazy Horse. J’ai tenté ma chance deux ans plus tard et j’ai été retenue.

 

Pouvez-vous nous raconter votre audition au Crazy Horse ?

La première fois que j’ai vu le spectacle du Crazy Horse, j’ai su que je voulais faire partie de cette troupe. C’est devenu un objectif très clair. Le jour de l’audition, j’étais extrêmement stressée. L’enjeu était immense pour moi : si je venais à échouer, mon rêve m’échapperait. Mais lorsque j’ai dansé sur cette scène emblématique, sous les lumières, face à la salle, j’ai ressenti quelque chose d’incroyable, comme une évidence. Et me voici aujourd’hui, Mimi Parole, Crazy Girl !

 

Quelle histoire se cache derrière votre nom de scène ?

Je suis la plus jeune de la troupe, alors « Mimi » est venu naturellement, comme un surnom tendre et mignon. « Parole » se prononce à l’italienne, parce que je viens de Milan. Il a été choisi parce que j’ai toujours mille choses à dire et en clin d’œil à la chanson de Dalida.

 

Qu’avez-vous ressenti la première fois que vous avez vu le show Totally Crazy ?

J’avais 17 ans. J’ai pleuré à chaque tableau tellement j’ai trouvé le spectacle incroyable. Les danseuses me semblaient si belles, si puissantes et inspirantes… J’étais bouleversée. La salle est intime au Crazy Horse, cela permet aux danseuses d’être proche du public, de jouer avec lui. Elles nous regardent droit dans les yeux, on ressent toutes leurs émotions, c’est un vrai moment de partage.

 

Qu’avez-vous envie de transmettre au public lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?

Je veux mettre en valeur la femme. Toujours. Je veux transmettre aux femmes ce que je ressens moi-même sur scène : la force, l’indépendance, la puissance féminine, mais aussi la sensibilité. Pour moi, les deux univers ne s’opposent pas, ils se complètent. Si, en me voyant, une femme se sent plus forte, plus belle, plus sûre d’elle, alors j’ai réussi. Et puis je veux aussi faire rêver, en partageant un peu de mon propre rêve.

 

Qu’est-ce qui fait la magie du Crazy Horse depuis 75 ans ?

Les tableaux sont intemporels. Chaque soir, ils renaissent. Les lumières se rallument, les danseuses entrent en scène, et tout revit. Ici, la créativité, la liberté d’expression et l’art du mouvement se rencontrent. Il y a quelque chose de mystérieux et de mythique à la fois au Crazy Horse, quelque chose qui lui permet de traverser le temps sans vieillir, c’est pour moi le propre du génie.

 

Qu’est-ce qui vous rend particulièrement fière en tant que danseuse du Crazy Horse ?

Entrer au Crazy Horse à dix-neuf ans et voir mon rêve se réaliser si tôt est une immense fierté personnelle car cette étape dans ma carrière témoigne de ma ténacité depuis toujours. Ma mère était danseuse de cabaret au Moulin Rouge et au Lido, elle m’a transmis l’amour de la scène, mais aussi la réalité du métier : le travail, la discipline, l’exigence. J’ai toujours été très soutenue par ma famille mais totalement consciente que ce choix de carrière demanderait de ma part du courage et une détermination sans faille. Je n’ai jamais lâché. Je suis fière d’avoir poursuivi mes rêves jusqu’à la scène du Crazy Horse.

 

Est-ce que créer du rêve pour les autres, cela demande une discipline de fer pour soi-même ?

La discipline fait partie de la vie d’une danseuse. Oui, il y a une routine : le travail, le sport, l’alimentation, les répétitions. Mais ce n’est pas un sacrifice. C’est un mode de vie que l’on intègre très jeune. Et quand on vit son rêve, la discipline devient naturelle.

 

En tant que danseuse, comment décririez-vous votre rapport à votre corps ?

Je ne fais pas de différence entre la femme et la danseuse. Mon corps est le même dans la rue et sur scène. Bien sûr, c’est un outil de travail, donc j’en prends soin. À la moindre douleur, je me soigne et j’évite les risques inutiles pour ne pas me blesser. J’ai un rapport apaisé avec mon corps, je me sens bien, et sur scène, avec les lumières et les costumes, je me sens encore plus belle.

 

Que diriez-vous aujourd’hui à la petite danseuse que vous étiez ?

De garder ses étoiles dans les yeux ! De ne jamais lâcher, même dans les moments de doute. Si on veut vraiment quelque chose, on peut y arriver. Il faut croire en soi et écouter ceux qui croient en nous.

 

Quel tableau du spectacle Totally Crazy vous émerveille le plus ?

C’est le tableau du Lay Laser Lay. Dès l’ouverture, il est saisissant ! La mise en scène avec la roue, la fumée, les lumières vertes, et la musique qui vous prend au ventre en font un tableau incomparable et spectaculaire. La danseuse apparaît comme un être à la fois vulnérable et supérieur. Sa sensualité et sa fragilité me submergent d’émotions à chaque fois que je le regarde.

 

Photos : Paul Morel