



Quelle est votre histoire avec la danse ?
Mon histoire est riche en rebondissements ! Je viens d’une petite ville d’Australie et je danse depuis l’âge de trois ans. Très tôt, j’ai su que je voulais en faire ma vie. À 14 ans, je suis partie à Brisbane pour me consacrer pleinement à la danse. C’était un rêve que je caressais depuis longtemps. J’y ai passé trois ans à faire du ballet et de la danse contemporaine. À 17 ans, j’ai décidé de partir seule en Belgique pour intégrer la très exigeante International Ballet School de Bruxelles.
J’étais vraiment passionnée de danse classique mais je sentais que la vie de ballerine n’était peut-être pas totalement faite pour moi car j’avais envie d’expérimenter d’autres choses et de profiter de la vie. Alors je suis partie en Italie pour intégrer le Milano Contemporary Ballet. Là, j’ai réalisé que j’aimais beaucoup le côté recherche qui caractérise la danse contemporaine, mais que j’étais davantage appelée par la scène ! J’avais envie de profiter de ma jeunesse, de sourire, de faire le show chaque soir et de m’éclater !
Puis la pandémie de Covid-19 s’est déclarée. J’ai arrêté la danse et passé un diplôme de management du spectacle. Quelques temps plus tard, j’ai été engagée sur un bateau de croisières où j’ai rencontré des danseuses de cabarets parisiens. Il faut savoir qu’en Australie, la danse de cabaret n’existe pas. Je connaissais le Moulin Rouge mais lorsque j’ai découvert l’existence du Crazy Horse, là, j’ai eu un vrai choc ! Je me suis dit : « That’s crazy ! C’est fait pour moi ! ». Je me suis souvenue de ma mère qui, des années en arrière, me répétait souvent que ça pourrait être amusant pour moi de devenir danseuse de cabaret. J’ai envoyé ma candidature et j’ai eu la surprise d’être retenue. Deux mois plus tard, j’étais sur la scène du Crazy Horse à Paris. J’avais vingt et un ans, et ma vie devenait vraiment folle !
Quelle histoire se cache derrière votre nom de scène ?
Frida s’est imposée pour moi car Frida Kahlo est ma plus grande inspiration. C’est une artiste immense, une femme forte et combative qui me rappelle qu’il est important de défendre ce à quoi l’on croit. Whirlwind signifie tourbillon parce que je suis un mélange d’émotions. J’oscille toujours entre différentes énergies. Sur scène, je peux passer d’un extrême à l’autre, parfois dans un même tableau.
Qui est Frida Whirlwind ?
C’est moi. Mais amplifiée. Nous partageons les mêmes valeurs. Frida est courageuse et déterminée. Elle ne reste pas assise à attendre que les choses arrivent. Elle se bat pour ce qui est juste. Elle ose montrer le feu qui brûle en elle.
Selon vous, qu’est-ce qui fait la magie du Crazy Horse depuis soixante-quinze ans ?
Les danseuses du Crazy Horse ont l’art de jouer sur une frontière extrêmement fine entre puissance et sensualité. Rien n’est vulgaire, rien n’est excessif, tout est subtile séduction. C’est un équilibre rare, introuvable ailleurs. C’est ce qui fait du Crazy Horse un lieu unique au monde.
Qu’avez-vous découvert sur vous-même en devenant danseuse au Crazy Horse ?
J’ai appris que je pouvais me faire confiance. Et plus encore, que je devais me faire confiance et croire en moi pour que les choses arrivent.
Que ressentez-vous lorsque vous dansez sur la scène du Crazy Horse ?
Cette scène offre la possibilité d’être totalement soi-même. On a l’opportunité de transformer tout ce que l’on vit et ce que l’on ressent en mouvement. C’est une expérience qui me fait sentir puissante, entière, en pleine possession de mon art. Sur scène, j’ai l’impression d’être une meilleure version de moi-même.
Tantôt femme fatale, tantôt enjouée et espiègle, ou encore profonde et dramatique, comment travaillez-vous les différents rôles du show Totally Crazy ?
Cela vient assez naturellement, car je suis déjà un tourbillon d’émotions. Mais il y a aussi un vrai travail d’imagination, guidé par la chorégraphe. Parfois, j’utilise ce que je ressens. Parfois, je dois lutter contre. Si je me sens triste et que je dois me montrer légère, cela peut me tirer vers le haut… ou m’imposer un vrai combat intérieur. Cela relève d’une forme d’intelligence émotionnelle : transformer une énergie en une autre. Mais dans tous les cas, incarner les différents personnages du show Totally Crazy est un exercice qui mêle connaissance de soi, lâcher-prise et performance de comédienne.
Qu’est-ce qui vous rend particulièrement fière en tant que danseuse du Crazy Horse ?
Lorsque j’ai débuté au Crazy Horse, j’étais fière d’appartenir à cette troupe pour sa renommée internationale. Aujourd’hui, je suis fière d’être moi. Je suis fière de mon parcours, d’avoir construit la danseuse que je suis, émotionnellement et physiquement.
Quels sont les traits de personnalité qui vous caractérisent ?
J’ai l’impression que d’une certaine manière, je suis sur cette Terre pour faire rire les gens ! C’est comme une petite mission secrète que j’adore… Je suis aussi terriblement tenace. Ce qui vient avec son lot de bons et mauvais côtés ! Mais une chose est sûre, quand je veux quelque chose, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour l’obtenir.
Quelle est la chose la plus crazy que vous ayez faite ?
Partir seule à dix-sept ans en Europe, sans parler la langue, pour intégrer une école de danse classique très stricte en plein hiver quand on vient d’Australie… avec le recul, ça peut paraître fou ! Mais personnellement, je ne trouvais pas cela fou, je suivais mon propre chemin. Dans la vie, je fais souvent des choses un peu folles mais elles sont trop nombreuses pour que je puisse les énumérer !
Quand vous ne dansez pas, qu’est-ce que vous aimez le plus faire dans la vie ?
J’aime être chez moi, au calme, avec mon chat et ma musique. J’aime cette paix après la lumière.
Quel tableau du spectacle Totally Crazy vous émerveille le plus ?
Pour danser, Rougir de Désir : c’est un tableau très émouvant, très fluide, proche de mes bases classiques et contemporaines.
Pour performer, Take My Love : là, je joue avec le public, je peux être espiègle, provocante, imprévisible. C’est un pur moment de scène.
Photos : Remi Desclaux, François Goizé, Ficheraz