Dodo d'Hambourg
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Dorotea Slavinsky, née à Hambourg en 1929, fait partie de la troupe originelle du Crazy Horse dès 1953. Sous le nom de scène Dodo D’Hambourg, aux côtés de figures emblématiques telles que Rita Renoir et Rita Cadillac, elle contribue à façonner l’image de la show girl en Europe durant le XXᵉ siècle.

Fille d’un pasteur protestant, elle grandit dans un foyer conservateur, installé dans une maison attenante à une église. Ses jeunes années sont marquées par la Seconde Guerre mondiale et, après le décès de son père, elle devient le principal soutien de sa famille. Le cabaret entre alors dans sa vie par nécessité, avant de devenir une véritable vocation.

En 1946, elle rencontre Edward Schneider, propriétaire du cabaret Colibrì à Hambourg. Il l’engage, devient son imprésario, puis son mari. À la fin des années 1940, elle se produit à travers toute l’Europe, mais à mesure que sa carrière prend de l’ampleur, leur relation se dégrade. La distance, autant émotionnelle que géographique, devient inévitable.

En 1952, alors qu’elle se produit au cabaret Bataclan de Genève, Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse, la découvre sur scène. Cette représentation tient lieu d’audition : aucun casting n’est nécessaire.

En France, elle connaît son plus grand succès en 1954 avec un numéro intitulé « La Veuve ». Vêtue de noir, elle interprète une performance mélancolique sur « I Want to Linger », dans une performance qui relève presque davantage de l’art performatif que du cabaret.

Peu après les débuts de ce numéro, elle apprend le décès de son mari. Coïncidence ou non, elle devient alors une véritable veuve.

« Quoi qu’il en soit, ce fut un immense succès, je ne l’aurais jamais imaginé… Mais j’étais fatiguée de ce rôle, je l’ai joué tous les soirs pendant plus d’un an ! Même dans le film " Les Nuits du Monde ", j’incarnais la veuve noire », confiait-elle au journal Quotidiano Nazionale en 2014.

Elle reste fidèle au Crazy Horse pendant près de dix ans. Sa dernière représentation sur cette scène a lieu en 1960. Elle poursuit ensuite sa carrière dans de grandes salles telles que le Lido et le Casino de Paris, tourne dans plusieurs films et se produit à travers l’Europe ainsi qu'au Moyen-Orient, avant de mettre un terme à sa carrière en 1965, à seulement 36 ans.

Elle s’installe ensuite à Bologne, où elle devient peintre surréaliste. Elle ouvre un institut de beauté, fonde une académie de danse et développe une profonde passion pour le tarot. Plus tard, elle s’établit dans la région de Lunigiana, où elle restaure un ancien moulin à vent pour en faire son atelier. Elle s’éteint en 2019.

Crédits photos : La Vie Parisienne, Issue No. 151, July 1963 - Il Favoloso Crazy Horse (pp. I–V)
Totò Sexy (1963) - Crazy Horse Paris Archives