Bettina Uranium est née en France, d’un père d’origine russe et d’une mère anglaise. Vierge de signe, elle était aussi passionnée par les textes philosophiques que par la danse.
Elle se destinait d’abord à une carrière d’hôtesse de l’air, mais à Paris, la beauté ouvrait souvent les portes de la scène. Quelqu’un lui suggéra le cabaret. Elle essaya. Et cela lui réussit.
Elle rejoint le Crazy Horse en 1964 et participe, au fil des années, à certains des numéros les plus emblématiques de son histoire.
Une interview de 1970 résume parfaitement sa personnalité : une diva espiègle, détachée et pleinement consciente d’elle-même. « J’aime vivre dans le luxe. La vie facile et désorganisée me convient parfaitement. Me faire photographier, boire du champagne quand j’en ai envie mais surtout le matin dans mon bain. Je déteste le sentimentalisme et les démonstrations publiques d’affection. Je suis Bettina… cela devrait suffire. »


L'image de Bettina Uranium évoquant les bombes hollywoodiennes de l'âge d'or du cinéma américain, inspire à Alain Bernardin une nouvelle direction artistique. Il imagine des numéros construits autour de l’imaginaire américain, faisant de son corps un support de projection, une véritable toile de symboles.
Dans l’un d’eux, son corps apparaît uniquement habillé par la projection de la skyline de New York. Dans un autre, sans doute le plus célèbre, elle évolue sous la projection d’un billet de dollar.
Alain Bernardin expliquera lui-même cette démarche dans une interview accordée à Playmen en 1967 : « Lorsque j’ai projeté des dollars sur le corps de Bettina Uranium, des clients américains sont venus me remercier. Ils découvraient pour la première fois la devise "In God We Trust", car à un moment du numéro, elle apparaissait sur sa poitrine. Je suis toujours à la recherche d’images fortes du présent, familières et donc prêtes à être redécouvertes. Grâce à ces images puissantes et simples, on peut parvenir à découvrir le monde sous un autre angle. »
En 2013, Noémie Lenoir reprend à son tour le numéro « Dollar », inscrivant cette création emblématique dans la continuité du répertoire du Crazy Horse et perpétuant ainsi l’héritage laissé par Bettina Uranium.

Bettina Uranium in Stop n°66, (1967) - Bettina Uranium in Playmen (june 1967) - Paul de Cordon