Galia Paderewska
précédent
suivant

« Elle pouvait faire trembler un lion. » C’est ainsi qu’Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse, décrivait Galia Paderzska, la danseuse polonaise devenue l’une des grandes sensations des nuits parisiennes dans les années 1970. Après avoir conquis le Casino de Paris, elle rejoint le Crazy Horse en 1974.

Formée à la danse classique, Galia avait déjà construit une carrière solide avant de se tourner vers le cabaret, elle avait notamment été danseuse soliste à l’Opéra National de Varsovie.

Avec ses cheveux courts, son blond éclatant et ses yeux bleus, cette beauté slave était constamment mise en avant comme l’un des visages emblématiques du cabaret, aux côtés d’icônes telles que Lova Moor et Polly Underground. En 1976, alors qu’Alain Bernardin tournait « Crazy Horse de Paris », un film à plusieurs millions de dollars consacré au cabaret, Galia y occupait une place de choix. Même au sein d’une troupe composée exclusivement de danseuses hautement charismatiques et glamour, elle se distinguait naturellement.

« — Êtes-vous modeste ?
— Oui, énormément. Pas sur scène, mais dans la vie quotidienne, je suis timide et modeste. » Confiait-elle lors d’une interview en 1976.

Son numéro en solo était une véritable leçon d’iconographie polonaise. Elle portait sur la tête un casque à pointe prussien (Pickelhaube), évoquant la longue histoire militaire de la Pologne, et autour du cou la Croix du Mérite polonaise de l’entre-deux-guerres.

Surgissant de l’obscurité la plus totale, elle prenait place sur une chaise en bois avec l’assurance d’un général d’armée. Une cigarette à la main, elle pivotait lentement sur scène. Cette séquence demeure l’une des scènes les plus marquantes du film.

Le film avait été imaginé comme une ambitieuse vitrine destinée à faire découvrir le cabaret bien au-delà des frontières françaises.

Sélectionné pour une projection prestigieuse lors de la 30ᵉ édition du Festival de Cannes, Alain Bernardin prévoyait un coup de communication spectaculaire : faire venir les danseuses du film afin qu’elles montent les marches du Palais des Festivals en mai 1977, les propulsant ainsi au rang de célébrités internationales sous les yeux de la presse mondiale.

Mais, deux mois auparavant, le 18 février 1977, Galia fut retrouvée morte dans son appartement parisien. Son décès fut largement relayé par la presse internationale.

Absente du Festival de Cannes, Galia y fut pourtant présente d’une autre manière : immortalisée à l’écran. Lors de la première de « Crazy Horse de Paris », son apparition fut saluée par une ovation. Une magnifique façon de tirer sa révérence une dernière fois.

Crédits photos : Archives Crazy Horse Paris - Ficheraz