"Un soir, un chorégraphe m’a emmenée voir un spectacle du Crazy Horse. J’ai été fascinée. Il m’a dit que je devrais y danser et je me suis dit : «Oui, pourquoi pas !»"
Lova Moor, l'une des figures les plus emblématiques des 75 ans d'histoire du Crazy Horse Paris, a été bien plus qu'une simple star du cabaret.
À travers son parcours au Crazy Horse, sa carrière musicale et son image publique intemporelle, elle a contribué à redéfinir la figure de la showgirl moderne, transformant le spectacle de cabaret en une expression sophistiquée de la mode, de la sensualité et de la culture pop.
À la fois icône de beauté, sex-symbol et célébrité, elle devient l’un des visages les plus reconnaissables de la France de l’après-révolution sexuelle et l’un des symboles les plus emblématiques du glamour à la française.


Née à La Rochelle, Lova ne se destinait pourtant pas à une carrière artistique. Elle étudie les sciences de l’éducation et exerce comme enseignante, mais l’expérience ne se déroule pas comme elle l’avait imaginé. « J’ai passé un an à travailler avec des enfants en situation de handicap. J’adorais ça. Malheureusement, nous étions très mal payés, et je voulais m’amuser, sortir en boîte avec des amis. Les enfants m’intéressaient vraiment, mais je ne pouvais pas en vivre. »
Repérée par un chorégraphe dans une discothèque, elle est présentée à Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse Paris, qui l’engage en 1969 et lui donne son nom de scène : Lova Moor (« love » en anglais, « amour » en français).
Leur idylle, à la fois sentimentale et créative, durera vingt-cinq ans, jusqu’au décès de Alain Bernardin. Ensemble, ils façonnent mutuellement leur légende : Alain Bernardin fait de Lova l’une des showgirls les plus célèbres au monde, tandis qu’elle devient le visage indissociable de son cabaret.
Lova Moor a réinventé le cabaret comme une expression avant-gardiste du glamour français, mêlant les codes esthétiques du chic à la française à l’esprit de liberté des années 1970.
Ses performances brouillent les frontières entre art et sensualité : maîtrisant aussi bien le pouvoir de la pole dance que la théâtralité d’une Eartha Kitt. Au cours d’une même soirée, elle pouvait passer de la précision d’un numéro minutieusement chorégraphié à une performance où elle rampait sur scène en mimant le rugissement d’un lion.
En 1985, sa vie connaît un nouveau tournant. Elle épouse Alain Bernardin lors d’un spectaculaire mariage haute couture, vêtue de créations signées Azzedine Alaïa et Thierry Mugler.
Trois ans plus tard, elle se réinvente une nouvelle fois en chanteuse. Son titre Et Je Danse, sorti en 1988, entre dans le Top 10 français, confirmant ce que le public savait déjà depuis longtemps : Lova Moor n’a jamais été simplement une danseuse, mais bel et bien une icône culturelle.

Crédits photos : Archives Crazy Horse Paris