Polly Underground
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Souvent décrite comme la danseuse qui s’est le plus approchée de l’idéal artistique d’Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse Paris, Polly Underground n’est pas seulement devenue l’une des danseuses les plus célèbres du Crazy. Elle en est devenue la référence.

En elle, Bernardin trouva un véritable modèle, et depuis lors, les danseuses sont souvent comparées à son héritage. Rien d’étonnant, elle possédait tout ce qui faisait une grande artiste de scène : la technique, l’allure et une présence magnétique.

Née Magdalena Rosenberger-Harper d’un père afro-américain et d’une mère allemande, elle grandit en Allemagne et étudie la musique et la danse à l’Académie des Arts de Mannheim.

Mais au bout de trois années de formation, tout bascule. Ses deux parents disparaissent et, privée de soutien financier, elle est envoyée avec ses six frères et sœurs aux États-Unis, en Caroline, pour vivre auprès de membres de sa famille. Sa formation académique s’interrompt brutalement, mais son lien avec la scène demeure intact.

Elle rejoint alors un groupe de rock, suivant un batteur dont elle est amoureuse. C’est ainsi que débute sa carrière. « J’étais tellement amoureuse de lui que je faisais tout pour lui. Pour rester toujours près de lui, je l’ai suivi dans les clubs américains. Il était batteur, et moi go-go danseuse », confie-t-elle au magazine Reeperbahn Sex Illustrierte en 1974.

Mais la vie aux États-Unis lui révèle une autre réalité. En Allemagne, elle avait rarement eu le sentiment d’être définie par sa couleur de peau. En Amérique, c’est différent. Certaines portes se ferment avant même qu’elle ait eu l’occasion de les pousser. Elle finit alors par choisir de rentrer en Europe.

De retour sur le continent, elle travaille au cabaret Rote Mühle de Munich. C’est là qu’Alain Bernardin la remarque et l’invite immédiatement à rejoindre le Crazy Horse. À partir de ce moment-là, tout s’accélère.

Son numéro « My Name is Polly Underground » évoluera par la suite pour devenir « But I'm a Good Gril », l’un des tableaux les plus emblématiques du répertoire du Crazy Horse. Popularisé auprès du grand public par le film « Burlesque » avec Christina Aguilera, « But I Am a Good Girl » est toujours présenté sur scène aujourd’hui.

Polly Underground s’est éteinte en 2019, mais sa présence n’a jamais véritablement quitté les lieux. Même après ses adieux à la scène, elle est restée comme capitaine et coordinatrice, formant des générations de danseuses qui lui ont succédé.

Le lounge bar qui surplombe la salle porte aujourd’hui son nom, témoignage de l’empreinte profonde qu’elle a laissée dans l’identité du Crazy Horse Paris.

Crédits photos : Archives Crazy Horse Paris - Ficheraz