Candy Capitol, née Clarice Gillis à Long Beach, en Californie, rêvait depuis toujours de devenir actrice. Elle s’y prépare sérieusement en suivant une formation à l’Actors Studio puis au Pasadena Playhouse. Mais à Hollywood, les portes ne s’ouvrent pas toujours comme on l’imagine. On lui souffle alors qu’avant de décrocher un rôle, il faut surtout se montrer et fréquenter les bonnes soirées. Elle s’installe à Los Angeles, sort beaucoup et se prête au jeu.
En 1967, cette stratégie la mène à une réception organisée par Dean Martin. Une soirée mondaine parmi tant d’autres, jusqu’à ce qu’un regard se pose sur elle. À l’autre bout de la pièce se trouve Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse. Il est immédiatement séduit par son abondante chevelure rousse et bouclée. La proposition tombe sans détour : Paris, le Crazy Horse. Candy accepte. En un instant, elle devient la première Américaine à rejoindre la troupe.


Le soir de ses débuts, Alain Bernardin la présente ainsi :« Ici, nous avons ce qu’il y a de mieux : les meilleures danseuses, les plus beaux costumes, les serveurs les plus élégants. Les plus belles filles du monde viennent à Paris pour travailler au Crazy Horse. Voici notre première Américaine et elle est incroyablement talentueuse. »
Elle arrive à Paris à 22 ans, parlant à peine français, vivant dans un hôtel près du Quartier latin et passant ses soirées à l’Alliance Française. La scène fera le reste. Son travail au Crazy Horse Paris lui apporte rapidement une certaine notoriété à travers l’Europe, jusqu’à lui permettre d’entrer dans l’histoire en devenant la première femme à se produire à la télévision. L’émission s’appelait « Night Club » et était présentée par Karlheinz Hollmann. La diffusion avait été autorisée car l’esthétique du Crazy Horse était alors considérée comme artistique, et non comme érotique.
Mais l’histoire de Candy ne commence pas à Paris. Bien avant le Crazy Horse, elle se produit déjà sur les scènes burlesques américaines sous le nom de Brandy Wilde. Elle fait ses débuts à Cleveland en 1961 avant de parcourir les États-Unis, du Texas à Las Vegas en passant par New York, jusqu’à se faire remarquer sur la célèbre Sunset Strip de Los Angeles.
Après son aventure parisienne, elle poursuit sa carrière à travers le monde : Singapour, Munich, puis un retour aux États-Unis, où elle continue de se produire pendant plusieurs années.
Aujourd’hui, Candy Capitol vit à Los Angeles, loin des projecteurs. Elle partage son quotidien avec deux chiens, deux chats et une tortue du désert recueillie et sauvée.

Crédit photos : Archives du Crazy Horse Paris