11/04/2018

Le Crazy Horse dévoilé : l’atelier de couture, rencontre avec les fées aux mains d’argent

Elles s’appellent Roselyne, Amélie et Céline et leur mission est de fabriquer du merveilleux pour sublimer les Crazy Girls. Nous avons dressé pour vous les portraits croisés de ces drôles de dames, au cœur de leur atelier de couture.

Un des secrets les mieux cachés du Crazy !

 

Comment êtes vous devenues costumières pour le Crazy Horse ?

Roselyne : Je suis responsable du département costumes au Crazy Horse depuis 16 ans. Ce cabaret mythique m’a toujours attirée, car j’aime les « petites choses » : les costumes d’opéra ne sont pas ma tasse de thé ! Les matériaux et les techniques y sont différents : au Crazy Horse je travaille le cuir, le strass, les perles… tout en finesse et avec beaucoup de minutie.

 

Céline : J’ai intégré l’équipe du Crazy Horse de manière stable, après avoir collaboré sur différentes tournées du cabaret. Tout comme Roselyne, j’aime confectionner les petites pièces, et le Crazy Horse offre un espace intime et agréable pour travailler.

Amélie : Adjointe de Roselyne depuis 8 ans, j’ai travaillé dans la couture et la haute couture. Ce qui me plait particulièrement au Crazy Horse, ce sont les techniques et la grande variété de pièces à créer ou de matériaux à utiliser. C’est une approche très complète, avec beaucoup de beaux projets qui demandent de la rigueur jusque dans le moindre détail.

 

Comment la costumière s’inscrit-elle dans le glamour, l’ADN même du Crazy Horse ?

Roselyne : Être costumière pour le Crazy Horse, c’est chercher chaque jour à sublimer les Crazy Girls et les mettre en valeur. Pour cela, l’approche est contraire à celle d’un costume classique : il s’agit de découvrir, de souligner les formes et les courbes, et pour faire cela à la perfection, de nombreuses heures de travail sont nécessaires !

 

 

 

Qu’est ce qui est spécifique au Crazy Horse concernant votre métier ?

Roselyne : Mon défi quotidien est de trouver les idées et les techniques pour que les tenues soient résistantes avec très peu de matière, tout en restant chic et esthétiques. Les mouvements et la danse lors des shows mettent en effet les costumes à rude épreuve ! Le confort est également essentiel : si la Crazy Girl se sent à l’aise dans sa tenue et qu’elle a l’impression de ne rien porter, c’est que nous avons bien travaillé, en ne laissant aucun détail au hasard.

Céline : C’est au Crazy Horse que j’ai apprivoisé le cuir : sa souplesse demande une technique particulière. Je pense que la spécificité de mon travail se lit dans les tenues mêmes, qui semblent si délicates et qui sont pourtant conçues pour tenir et durer.

 

Comment se passe votre travail avec les créateurs ?

Roselyne : C’est un moment particulier qui nécessite d’adapter la vision du créateur aux codes du Crazy Horse. Pour cela, nous passons par une esquisse, puis un dessin, qui donnera le prototype. Le créateur est avec nous à chaque essai, c’est à ces moments-là que l’on voit si la tenue convient. Cette approche artisanale est essentielle : il faut créer du rêve tout en respectant la morphologie et les mouvements de chaque danseuse.

 

Combien de temps est nécessaire pour fabriquer une tenue ?

Roselyne : Entre la phase de création et le moment où la tenue sera portée sur scène, il peut se passer entre 8 jours et plusieurs mois ! Et lorsqu’il s’agit de tenues pour des numéros d’ensemble, il faut en confectionner plusieurs : jusqu’à une vingtaine de danseuses peuvent être concernées. Et chaque tenue est unique, adaptée à la Crazy Girl qui la porte.

Chaque costume de scène nécessite entre 35 et 40 heures de travail. Cela dépend de beaucoup de paramètres, notamment la disponibilité des matériaux. Les tenues les plus complexe et longues à réaliser sont celles des tableaux « Attitude », « U Turn Me On », et bien sûr « God Save our Bareskin ».

 

 

De quelle qualité doit être pourvue une costumière au Crazy Horse ?

Roselyne : Le Crazy Horse est un univers vivant, en mouvement permanent. Pour y travailler avec passion, il faut s’imprégner du lieu et de son âme, c’est indispensable ! La résistance au stress est également essentielle : lorsque la tenue qu’on a créée et assemblée, est portée pour la première fois sur scène, on a toutes une petite boule au ventre car elle ne doit absolument pas bouger ! Bien sûr, nous mettons tout notre professionnalisme et notre minutie en œuvre pour que cela n’arrive jamais.

Amélie : Une costumière au Crazy Horse  doit être patiente, méticuleuse, précise, et comprendre ce qui ne s’explique pas : l’atmosphère, le lieu, l’esprit. Sa sensibilité doit bien sûr être en adéquation avec l’ADN du Crazy Horse.

Céline : Notre quotidien est fait d’une multitude de petites tâches, et de détails à gérer. Il faut avoir beaucoup d’adaptabilité et de réactivité.

 

Quel est votre costume préféré ?

Roselyne : J’ai un faible pour celui des « Glamazones », créé par Antoine Kruk pour le show « Désirs ». Ce costume transforme la Crazy Girl en une superbe amazone : une tenue surprenante, forte, très actuelle.
Et la tenue qu’Amélie, Céline et moi-même aimons par-dessus tout, parce qu’elle est mythique et parce que la réaliser est un travail passionnant, c’est bien sûr la tenue de garde anglaise du mythique numéro d’ouverture « God Save our Bareskin » !

 

Émerveillez-vous devant le travail de nos costumières en assistant à notre show « Totally Crazy » !

 

Photo : François Goizé